Felipe Antolin ESONO NGUEMA: photographe équato-guinéen créant des récits afro-urbains et éditoriaux cinématographiques autour de l’identité, de la culture et de l’expression humaine.

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Published4 Jun, 2026

“J’ai alors commencé à regarder toutes sortes de vidéos expliquant comment retoucher une image, quels effets ajouter, etc., simplement pour prouver que je pouvais moi aussi faire partie des créateurs dont tout le monde parlait."

Felipe Antolin Esono Nguema est un photographe dont le parcours a commencé assez tôt sans qu’il ne s’en rende compte. À 15 ans, la photographie était pour lui une manière de capturer des instants et d’exprimer sa curiosité. À cette époque de sa vie, cette passion n’était qu’un passe-temps. Il ne songeait pas à en faire sa profession et n’y voyait pas un quelconque talent.


Avec le temps, il a développé et affiné son regard artistique. En 2023, il décide de se lancer officiellement dans l’apprentissage de la photographie. Cette décision marqua le début d’un sérieux parcours guidé par la discipline et une volonté constante de progresser.


Aujourd’hui, la photographie a dépassé le stade de simple hobby ; c’est pour lui un moyen de raconter des histoires, de transmettre des émotions et de mettre en valeur l’identité, la culture et l’authenticité à travers chaque image. Grâce à son intérêt pour l’audiovisuel, le design graphique et la création visuelle, il a développé une creative approach qui mêle esthétique, narration et souci du détail.

Pour lui, chaque projet est une occasion d’apprendre davantage, de repousser ses limites et de transformer sa vision artistique en images capables de laisser une empreinte durable.

Felipe Antolin ESONO NGUEMA - photographe éditorial équato-guinéen

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

L’apparition et la popularisation d’Instagram vers 2015 dans mon pays, ainsi que le désir qu’avait presque tout le monde d’obtenir la photo parfaite, m’ont beaucoup influencé. Je trouvais particulièrement captivantes les retouches artistiques appliquées aux photos de rues, de paysages et à bien d’autres images.

J’ai alors commencé à regarder toutes sortes de vidéos expliquant comment retoucher une image, quels effets ajouter, etc., simplement pour prouver que je pouvais moi aussi faire partie des créateurs dont tout le monde parlait.

“J’aime pousser une personne naturellement timide à révéler un côté plus audacieux afin qu’elle puisse se souvenir d’avoir accompli quelque chose qu’elle n’aurait jamais osé faire auparavant."

Comment vous décririez-vous ? N'hésitez pas à partager une anecdote amusante ou quelque chose d'unique à votre sujet !

Je me considère comme une personne spontanée et non conformiste. Il m’est arrivé de travailler sur plusieurs projets sans m’y être réellement préparé. Lorsque je n’obtiens pas le résultat souhaité sur un projet, soit je persévère jusqu’à atteindre un résultat satisfaisant, soit je décide de l’abandonner, même si certains éléments du travail restent exploitables.


Quels sont les thèmes principaux qui inspirent votre photographie ?

La plupart du temps, je cherche à faire sortir mes sujets de leur zone de confort. J’aime pousser une personne naturellement timide à révéler un côté plus audacieux afin qu’elle puisse se souvenir d’avoir accompli quelque chose qu’elle n’aurait jamais osé faire auparavant.

“Mon plus grand défi a été de travailler en tant que photographe, graphiste et monteur vidéo pour une rémunération mensuelle de 100 000 FCFA."

De quel moment de votre carrière êtes-vous le plus fier ? Qu'il s'agisse d'une étape personnelle, d'un projet publié, d'une exposition ou d'une expérience client significative.

J’ai été marqué par deux moments jusqu’à présent dans ma carrière. Le premier a eu lieu au Sénégal lors du tournage d’un documentaire. J’y étais à la fois figurant et assistant du producteur. À la suite de ce tournage, le producteur a tellement apprécié mon savoir-faire qu’il souhaitait que je le rejoigne en Espagne.


La seconde expérience marquante s’est produite lors d’un projet personnel : un court-métrage accompagné d’un photoshoot, réalisé en seulement 3 jours. Pour ce projet, j'avais eu recourt à 2 acteurs, un garçon et une femme mais à la dernière minute la femme s’est retirée du projet. Je me suis débrouillé avec juste le garçon. Le projet fut un succès total sur tous mes réseaux.

Quel est le plus grand défi auquel vous avez été confronté en tant que photographe ?

Mon plus grand défi a été de travailler en tant que photographe, graphiste et monteur vidéo pour une rémunération mensuelle de 100 000 FCFA. Cette expérience m’a montré ce que signifiait réellement être surexploité.

Je devais me déplacer, réaliser des photos et des vidéos, passer de longues heures à effectuer des retouches, puis recommencer encore et encore sans recevoir d’instructions précises.

Malgré tout, cette expérience m’a permis d’apprendre à mieux gérer mon temps, à comprendre les attentes des clients, à reconnaître la valeur de mon travail, et à faire en sorte que les autres voient aussi cette valeur là.

Dans quel type de photographie vous spécialisez-vous ? Pourquoi cette spécialité et comment votre style a-t-il évolué au fil du temps ?

Je me retrouve principalement dans le portrait lifestyle et l’éditorial artistique, car ces domaines reflètent mon amour pour l’art visuel. Ils me permettent d’exprimer ma créativité tout en racontant des histoires à travers les images. J’ai également constaté qu’il est difficile de générer un revenu stable grâce à la photographie urbaine seule.

Au début, je n’étais pas un grand amateur de portrait, car je redoutais les critiques. Cependant, mon expérience en tant que photographe à l’OPMC m’a appris à filtrer les critiques constructives des autres commentaires.

Pour être honnête, je ne pense pas avoir encore trouvé mon style définitif. J’expérimente continuellement de nouvelles idées afin de le découvrir et de gagner davantage d’expérience.

Quelle est votre principale niche commerciale ?

La photographie afro-urbaine et éditoriale avec un accent particulier sur la cinématographie.

Quelle est votre approche technique ou visuelle unique ?

Je n’y suis pas encore totalement, mais mon objectif est de pouvoir rendre chacune de mes scènes aussi cinématographique que possible.

Avec quelles marques mondiales, photographes ou industries estimez-vous que votre travail s'aligne le plus ?

Nike, Puma et Fear of God. Ce sont des marques qui réussissent à mêler identité culturelle, mode contemporaine et influences africaines d’une manière qui m’inspire profondément.

Comment se porte le secteur de la photographie et de l'art dans votre pays ?

Avec l’essor des réseaux sociaux, de plus en plus de personnes s’intéressent à la photographie et aux arts visuels. Cependant, beaucoup finissent par devenir créateurs de contenu plutôt que photographes professionnels.

Aujourd’hui, il n’existe toujours pas un grand nombre de photographes professionnels reconnus dans mon pays, et les structures audiovisuelles demeurent limitées. Même si la photographie évolue sur le plan créatif, la profession elle-même n’a pas encore connu le même niveau de développement.

Quelle est la norme professionnelle sur laquelle vous ne faites jamais de compromis ?

Je ne fais jamais de compromis sur l’authenticité, le respect du travail créatif et la qualité visuelle. Pour moi, chaque projet doit posséder une véritable identité, une direction artistique cohérente et une dimension humaine derrière chaque image.

Que pensez-vous de la plateforme 54Ruum ?

Je pense que 54Ruum représente une plateforme essentielle pour mettre en lumière les talents créatifs africains et afro-descendants. Elle offre un espace où la culture, l’art et les nouvelles visions créatives peuvent être valorisées et présentées à une audience internationale.

Credits

Photographie

Felipe Antolin ESONO NGUEMA

Texte

Emmanuella Locoh

Curation

guvnor

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